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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 00:09

On ne fait qu’accuser à tort cette forme d’exil comme une interruption d’un essor, comme un intervalle sans utilité ou plus grave encore, comme une cruelle et définitive rupture.

 

Aujourd’hui, l’exil, parce que incompris par les dirigeants formés seulement à la création de richesse sans associer à ce projet, l’indispensable épanouissement du patrimoine humain d’une entreprise, revêt diverses formes dont l’exclusion, la maladie ou le renoncement à la vie.   

 

Il y a pourtant une prise de conscience urgente à avoir de la puissance créatrice du destin qui élève l’homme dans sa chute et qui, sous la dure contrainte de la solitude, concentre et renouvelle à nouveau les forces ébranlées de son esprit.

 

Le rythme de la vie impose souvent ces césures parfois violentes.

Seul celui qui connaît l’infortune, connaît la vie, la vraie.

Seuls les revers donnent à l’homme sa pleine force d’attaque.

L’esprit a besoin de solitude, afin de mesurer, dans la profondeur de son désespoir, de lointains horizons et de prendre toute la mesure de sa véritable mission. De son véritable rôle au sein d’une société en perpétuelle mutation. Sans phase transitoire et sans adaptation. Sans possibilité d’essayer et sans droit à l’erreur. Sans pardon et sans pitié.

 

Pourtant, il est bon à ce stade de se rappeler que de l’exil et de l’isolement sont nées des paroles illuminées de prophètes, des inventions extraordinaires, des idées révolutionnaires.

 

Que ce soit de sa propre volonté ou de celle d’autrui, face aux désirs superficiels,  l’homme doit accepter cette exigence et ce recul, ni comme une punition, ni comme une mise au ban de la société.  Voyez comment en politique, une retraite provisoire provoquée par l’échec et l’abandon des siens, peut être bénéfique. Elle procure une stature, une nouvelle finesse dans la perception des évènements, dans la réflexion, et surtout, un jugement plus objectif des forces opposées. De la disgrâce on peut acquérir une formidable clairvoyance.

 

Réussite constante et applaudissements continus engourdissent l’esprit et étiolent l’ambition. Le rythme, l’essor, l’élasticité créatrice naissent très souvent de la solitude, dans l’analyse de ses échecs.

Ne dit-on pas que seule une grande épreuve donne une vision élargie et profonde des réalités de ce monde. Certes c’est une dure école, mais indispensable et très formatrice. Elle accroît sa fermeté et sa volonté de cultiver de nouvelles ambitions.

 

Partir un temps pour mieux revenir en somme ! Il y a là sans doute un message d’espoir.

 

Mais il y a un temps pour subir, un autre pour surmonter et enfin un pour se dominer et atteindre l’équilibre. Il est, me semble t-il nécessaire de respecter ces phases, sans s’oublier pour autant, sous peine de devoir décupler ses efforts pour rebondir.

Dans les profondeurs obscures et ténébreuses de la dépression, allumez une toute petite flamme, donnez une infime impulsion à votre volonté, c’est suffisant.

Nourrissez ces actions à chaque fois que c'est possible et vous ne reviendrez pas

 

à votre place mais vous irez beaucoup plus loin. Là se trouve votre victoire !

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Published by Guy Gabriel Ouazana - dans littérature
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commentaires

A. C. 01/12/2009 00:01


Cher Monsieur,
Votre article que je découvre à l'instant est tout à fait intéressant.
je pense qu'il aurait été pertinent de noter quelque part sur votre blog, votre parcours et vos fonctions.
A. C. Sociologue, Maître de conférences


Lisa 26/10/2009 16:49


C'est bien de relier l'actualité avec la littérature.Et c'est tout à votre honneur de le faire de cette façon.
Amicalement.
Lisa


Anne Lelong Trollier 25/10/2009 02:16


Bonjour Mr Ouazana,
Quel plaisir de vous retrouver…
Votre texte s’appelle: « Apologie de l’échec »,
pour ma part, je l’appellerai « Apologie de l’exil », car ce texte est un Hymne à la Victoire.
Victoire de la Vie qui par la pluralité de ses formes nous oblige à nous élever et à nous renouveler.
C’est un Hymne à la Création, création qui comme la fleur de Lotus, s’épanouie aussi à partir du bourbier de la Mort.

L’exil amène son lot de souffrance, mais la souffrance est aussi le moment où se pose la question de l’homme qui prend corps.
La souffrance de l’exil, nous confronte à l’épreuve du désir et nous ouvre à une écoute qui nous déloge constamment de l’image que nous avons de nous même.
La souffrance de l’exil, c’est le mort du Je…. Mais, c’est la rencontre avec le véritable Soi..
Le sujet est là dans un passé dépassé.. Il sera là dans un a-venir
Le temps est en suspens.., il lui faut franchir le Seuil de l’appel de la Vie, avec en force le souvenir de l’absence et du vide.
Votre apologie est celle de la victoire et non de l’échec, celle d’une véritable re-naissance où le sujet prend corps et donc vie…
Merci, pour ce moment passé avec vous et pour cette intimité de pensées.


Gabriel Guy Ouazana 25/10/2009 02:26



Merci pour ces précieux compléments. Qu'ils puissent consoler et inspirer le plus grand nombre !