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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 15:05

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Comme un écho au ‘Cri des Peuples’, Stefan Zweig répond en 1928 par une biographie profondément humaine de Nicolaïevitch Tolstoï.

Cet ouvrage donne une idée de l'admiration que Zweig portait à l'immortel auteur de ‘La Guerre et la Paix’.

Mais ce n'est qu’au terme de cette lecture qu'on peut apercevoir avec quel pieux dévouement, et avec quelle loyauté aussi, Stefan Zweig s'est attaché à décrire la vie et les tourments de Tolstoï.

Ce qui est le plus attrayant dans cet exercice, c'est que Zweig a su, malgré l’élan et l’enthousiasme qui par instants le portaient, garder tout son sens critique. Certes on sent chez Zweig une attirance par le génie de l'homme de Yasnaïa Poliana, mais il n'est jamais emporté par la  béatitude, ni hypnotisé par l’incommensurable talent, et ne sombre pas dans une mystique vénération.

Et devant la statue qu'il façonne, il entrevoit même les défauts de la construction du grand homme.  

 

« Tolstoï n'aurait été qu'un monstre  s'il n'avait pas commis d'erreurs, s'il n'avait pas parfois failli à sa mission, s'il n'avait pas été déchiré entre des volontés contradictoires, s'il n'avait pas été, en un mot qui résume tout, profondément humain et faible comme un homme ».

 

Parce que Tolstoï plus qu’un autre a mené toute sa vie un combat incessant pour dominer ses mauvais penchants.

Le biographe prend tout son temps pour comprendre et répondre aux considérations philosophiques, et aux réflexions morales et psychiques de son sujet.

La pénétrante analyse de Stefan Zweig en même temps qu'elle nous éclaire exactement sur la vie de Tolstoï, nous permet de suivre la très lente maturation d’un Maître à penser de tout un peuple, qui grisé par la vie de soldat, mit du temps pour se résoudre à remiser définitivement son arme au profit de sa plume.

Mais le véritable combat de cet homme complexe, son desideratum, a été de lutter pour s’élever au dessus de ses mauvais instincts, et son mérite, de les avoir transformés en valeurs morales.

 

Guy Gabriel Ouazana 

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Published by Guy Gabriel Ouazana - dans littérature
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commentaires

françoise Duarte 29/08/2012 20:24

Merci Guy pour cet article passionnant, comme les précédents d'ailleurs et pour la finesse de ton analyse, Tolstoï comme Zweig ont beaucoup à nous apprendre sur les méandres de l'âme humaine , même
si leur parcours montre bien qu'il est plus aisé de poser les problèmes que de les résoudre....
"Profondément humains"...comme nous effectivement !
Merci Zweig de nous avoir ramené Guy !
Françoise