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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 15:13

Stefan Zweig appartient à cette race d'hommes intègres, dévoué à l’art et à la paix, comme en font foi ses correspondances avec tout ce que son époque compte d’humanistes de premier plan. Il mûrit, s’imprègne de la haute société européenne cosmopolite et prend petit à petit ses distances avec l’atmosphère bourgeoise autrichienne.

 

Avec sa prodigieuse érudition, l’écrivain viennois offre au grand public une belle substance, mélange de science et d’histoire et en quelque sorte, libère ce qui était resté la propriété d’un cénacle d'érudits.

 

Avec clarté, précision et méthode irréprochables dans la documentation, il fait de ses biographies un plaisir ininterrompu. Il démêle et résout  avec dextérité les énigmes des personnalités parfois sombres et souvent mystérieuses, que nous les profanes, avions abandonnés dans des tiroirs hermétiques.

 

Il rédige des biographies sur Balzac, Montaigne, Romain-Rolland,  Joseph Fouché,  Marie-Antoinette, Marie Stuart, Erasme de Rotterdam, Sébastien Castellion, Marceline Desbordes-Valmore, Magellan, Emile Verhaeren.

 

Il publie des essais et des biographies historiques sur Casanova, Tolstoï et Stendhal, sur Mesmer, Mary Baker-Eddy et Sigmund Freud, sur Hölderlin, Kleist et Nietzsche, sur Dostoïevski et Dickens, Amerigo Vespucci.

 

Il écrit des miniatures historiques sur Vasco Núñez de Balboa, Cicéron, Haendel. 

 

Ces ouvrages ne sont pas le produit d’un historien froid qui analyse des faits pour leur donner un sens, mais d’un auteur raffiné, à la sensibilité exacerbée, qui, par la finesse des détails et la subtilité des descriptions psychologiques, révèle autant qu’il se révèle.

 

Stefan-lotte-Zweig.jpg

 

Stefan Zweig a produit une œuvre aussi abondante qu’éducative, qui, à l’instar de celle des plus grands, résiste remarquablement à l’épreuve du temps.

 

Guy Gabriel Ouazana              

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Published by Guy Gabriel Ouazana - dans littérature
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commentaires

Catherine 12/04/2015 15:01

Mille pardons : rend, celles, suivre, ses... Satan orthographique, grammatical, sors de ce corps !

Catherine 12/04/2015 14:58

Amatrice de biographies historiques, j'ai adoré les biographies réalisées Stephen Zweig. Il a ce talent si particulier de montrer la vie d'un personnage sous toutes ces facettes qui le rendent plus humain tout en respectant les éléments historiques. Lorsque je lis certaines biographies comme celle de Marie-Antoinette, de Foucher, de Marie Stuart, d'Erasme, il me semble suive les pas de ces personnages, leurs interrogations, leurs fragilités comme s'ils devenaient miens. Merci pour ce blog, en effet, vous m'avez donné une liste complémentaire que je vais me faire une joie de lire. En général lorsque j'aime un auteur, je lis toute son œuvre. Je connais moins ces autres écrits donc de bonnes soirées en perspective.

Amalia 08/11/2012 23:54

La liste des personnalités auxquelles Zweig s'est intéressé est réellement impressionnante, merci à vous de nous le rappeler.
Ce qui étonne et interroge la néophyte que je suis c'est la grande diversité de genre de tous ces illustres personnages, qui à première vue ne me paraissent avoir comme dénominateur commun que leur
destin exceptionnel.
L'esprit retors d'un psychologue pourrait souhaiter rechercher ce qui outre cet élément fascinait Zweig, pourquoi ceux là précisément, et qu'est-ce que son intérêt pourrait nous apprendre sur
lui-même, ses attentes, ses désirs...il y aurait là matière à écrire une thèse, encore faudrait-il en trouver le courage !
Comme vous le dites si bien, ses oeuvres le révèlent.... mais que nous révèlent-elles au juste de lui?

Guy Gabriel Ouazana 09/11/2012 16:21



Toutes ces biographies sont le fruit d'un long travail qui a occupé Stefan Zweig pratiquement toute sa vie. Elles retracent en quelque sorte son itinéraire physique et son cheminement
psychologique.


Comment ne pas faire le rapprochement entre l'ouvrage sur Erasme (sous-titré "Grandeur et décadence") écrit au cours de l'année 1933, celle justement qui voit l'avènement
d'un 'certain' chancellier en Allemagne où le parti nazi devient le seul parti politique autorisé. Publié l'année suivante, ce livre précède la sortie de "Conscience contre violence". A
tort ou à raison, plusieurs critiques littéraires ont repproché à S.Z. d'avoir exagérément dépeint dans cet ouvrage Calvin avec des caractéristiques douteuses qu'on retrouvera chez
hitler.


La psychologue expérimentée appréciera sans doute de découvrir que cette période coïncide avec l'apparition progressive de névroses chez
Stefan Zweig, qui témoigneront de l'échec des tentatives de l'écrivain d'échapper à toutes ses d'angoisses. Sa pleine conscience du caractère pathologique de ses troubles s'étiolera
et il finira par perdre le contact avec les réalités et par sombrer dans une dépression profonde.