charles-dickens.jpgAu 19ème siècle, Charles Dickens publia « Les aventures de Mr Pickwick » sous la forme en vogue à l’époque, de feuillets mensuels. Le prisme utilisé par Stefan Zweig pour examiner l’œuvre, exclut d’emblé toute considération sur l’esthétique littéraire.

Cette fois-ci, Zweig nous fait part de son admiration devant la fabuleuse performance et l’incroyable talent de ce jeune auteur. En effet, de 400 exemplaires publiés pour le 1er feuillet, Dickens atteint rapidement les 40 000 exemplaires dès le 15ème feuilleton.

Sa popularité soudain trop à l’étroit dans son pays, prend vite le large de la vieille Angleterre pour traverser les frontières de l’Europe jusqu’à, poussée par les vents du succès, se frayer un chemin jusqu'à l'Amérique.

Cet homme débonnaire se révéla être également un remarquable conteur. Ses prestations déplaçaient des foules considérables.

Mais son génie, comme le fait remarquer Stefan Zweig, a été à travers ses ouvrages, d'avoir su réveiller tout doucement les consciences des petits bourgeois repus, de cette Angleterre Victorienne, rassasiée de ses conquêtes, de ses trésors de guerre et satisfaite de son sort.

Avec un humour « So British » associé à des personnages tantôt héroïques, pittoresques ou grotesques, Dickens savait créer les histoires qui ont fait rire aux larmes tant de gens.

A travers ses écrits, il s’est invité dans pratiquement tous les foyers de sa glorieuse majesté. Mais au lieu de jouir tranquillement de sa popularité, de ronronner avec ses semblables, il a dénoncé les conditions de vie des enfants pauvres, exploités par un pays engagé dans une industrialisation à marche forcée.

A l’apogée de son succès, une brise salvatrice, certes encore légère, commença à souffler sur les indigents, sur les conditions inhumaines du travail des enfants, esclaves des usines et de leurs monstrueuses machines tentaculaires.

Des fondations pour les bonnes œuvres virent le jour. Stefan Zweig, dont on connaît la réserve naturelle sur les réalités historiques, indique comme un fait authentique qu’après la parution « d’Oliver Twist », les enfants mendiants reçurent plus d’aumônes dans les rues. Le gouvernement s’engagea dans des réformes en faveur des hospices, des écoles etc.  

Avec sa force tranquille, son pacifisme, son respect des traditions  bourgeoises, Dickens a mieux servi que quiconque la cause des démunis.

Cette Angleterre presque idyllique, il l’a façonnée dans ses histoires, qu’on parcourt avec bonheur aujourd’hui, non sans une certaine nostalgie de cette époque révolue, qui a sans doute existée, tout du moins dans son cœur.


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Commentaires

Bonsoir, j'ai commencé la lecture de vos articles par celui de Montaigne et je dois dire que celui-ci est tout aussi passionnant. Je vais parcourir les autres. Merci pour cette découverte de Stefan Zweig. E.L.
Commentaire n°1 posté par larson le 11/12/2010 à 18h54
Egal à lui même, sincère, intègre, entier, passionné, engagé. Merci
Commentaire n°2 posté par Trolliet le 09/09/2010 à 20h19
Zweig et Dickens, deux romanciers d'exception :)
Commentaire n°3 posté par Wictoria le 23/08/2010 à 00h49

C'est rien de le dire    !!

Réponse de Gabriel Guy Ouazana le 23/08/2010 à 02h40
Par Guy Gabriel Ouazana
Communauté : les amis de Stefan Zweig

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