Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 18:11

Un des multiples talents de Stefan Zweig était celui de poète. Cette aptitude remarquable au lyrisme a marqué le tout début de sa carrière d’écrivain.

Fréquentant très tôt le prodige Hugo Von-Hofmannsthal et le talentueux Rainer-Maria Rilke, il étudia Goethe qu’il considéra comme le maitre absolu. Zweig n’hésita pas à qualifier les vers de « l'Elégie de Marienbad » comme les versets les plus purs sur le sentiment de dévotion et d'amour jamais écrits en langue allemande.

 

En revanche, même si le néo-romantisme lui allait bien et réhabilitait cette aspiration d'un l’idéal qui lui était cher, Zweig avait le noble sentiment de faire davantage œuvre utile en traduisant ceux qu’il considérait infiniment plus grands et plus fertiles que lui.

 

Ainsi, au terme d’un travail acharné, les lecteurs de langue allemande ont pu découvrir avec bonheur le grand poète Belge Émile Verhaeren.  Zweig paracheva de belle façon cette période en traduisant Baudelaire et Rimbaud.

 

Poèmes publiés et traductions: *

 

Boutons de rose (Rosenknospen) Deutsche Dichtung - Berlin 1898

 

Recueil de poèmes - revue naturaliste Die Gesellschaft - Vienne - 1900

 

Anthologie des meilleurs poèmes, Monographie sur Verlaine

                                                                                Journal Dichtung - 1902

 

Baudelaire avec camill Hoffmann  (Gedichte in Vers und Prosa)

                                          Münchner Allgemeine Zeitung - Leipzig – 1902

 

La nuit des grâces  - suite de 10 sonnets - 1902

 

Poèmes choisis d'Emile Verhaeren  (Ausgewählte Gedichte) Berlin - 1904

 

Les Guirlandes précoces ou Couronnes Précoces ou les Jeunes Couronnes

                                                                   (Die frühen Kränz) -  Leipzig - 1906

 

 (Hymnen un Leben Das) Deutsche Nachdichtung Von Stefan Zweig

                                                                                 Poems Emile Verhaeren 1912

 

 (Die gesammelten Gedichte) Collected Poems - Leipzig & Londres1924

 

* Comment lire la bibliographie: Titre en gras pour les parutions françaises, entre parenthèses le titre original, le support de publication,  le lieu et la date de la première publication. 

  

Poèmes

 

Stefan Zweig - Bruges

La paix du soir descend sur la ville tranquille,
Sur les canaux le sang rouge du soleil coule,
Et un désir ardent, sans but, inexprimable,
Commence alors à parler des grises tours.

Profondes, merveilleuses, les vieilles cloches chantent
Les jours où leur cri de joie émouvait tout le pays,
Et où la magnificence et la vie étaient dans les rues claires
Et où le cœur du port brûlait joyeux comme un flambeau,

Les jours riches, splendides, depuis longtemps éteints,
Et telles choses qui depuis lors sont restées
Dans le lointain comme de doux rêves d’enfant.
Le dernier ave se tait… Et son chant meurt lentement
Et frémit en accords doucement sanglotants.

Le vent du soir traîne encor doux les derniers sons,
Et triste l’écho erre dans les rues défuntes
Qui, toutes, sont silencieuses et craintives de douleur,
Tel un enfant aveugle qui abandonne soudain la main du guide.

Un couple de cygnes effleure l’eau calme.
Le flot léger chuchote et doucement vibre, frémissant
D’une belle femme qui jadis était Reine
Et dont la tristesse solitaire a pris le deuil des nonnes…

 

Stefan Zweig - Île tranquille

J’entends, par-dessus les campagnes,
Planer les cloches du pays
Et déjà je ne peux plus voir
Les contours des tours rondes.

La nuit, la mer, deux rubans bleus
Qu’ornemente l’or des étoiles,
Ont roulé dans leurs plis
Les bords de l’île.
Tout s’éloigne,
Tout se coule dans le silence.
Près de ma bouche,
Muets, les vents se penchent.

Tout cela qui m’échappe,
Me parait éloigné et comme sans retour :
Les collines brunes, la mer flamboyante,
Les arbres qui bougent le long du port.
Les cloches qui sonnent par-dessus l’eau.
Et je suis déjà prêt,
Dans l’obscurité qui s’épanche menaçante,
À aller avec eux,
Seul dans le soir,
Avec ma solitude qui pèse.

Une timide mélodie
S’en vient des métairies
Entre les collines qui, dans le soir,
D’un léger pas pénètrent

Doucement oppressé, j’écoute
Comment dans les Ténèbres
Les enfants prient Dieu,
Pour dormir et rêver de doux rêves.

 

sz-poete.jpg

 

 

Hommage à Stefan Zweig (Erinnerungen)

Avec ton visage de porcelaine blanc et plein d’éclat,

Ton regard de poupée triste et tes yeux noirs, profonds et mats ;

Tu es un romantique, et  tu as vécu pour un idéal ,

Dans ton château de rêves, où l’arbre a poussé

Grâce à ta puissante sève, il a grandi dans ta lumière

A affronté des temps amers.

Tu es la branche portant les feuilles

Qui ont applaudi ton succès, et pleurent ton décès.

Tu as vécu et tu as ri, tu as pleuré et expiré

Et ton destin provoqué. Repose en paix, poète,

Avec celle qui t’a suivie dans tes méandres insondables

Si loin de ton pays, où tes pensées t’ont vu naître,

Où tu as fleuri et grandi dans les cœurs, et où te portent en terre tes amis.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Guy Gabriel Ouazana - dans littérature
commenter cet article

commentaires

Luce 31/03/2013 19:53

Superbe blog, Monsieur Guy Gabriel et superbes poésies!
Luce

Guy Gabriel Ouazana 26/08/2013 19:05



Merci ma chère Luce,


Bonne rentrée



Françoise 28/02/2013 22:35

Merci de nous faire découvrir ces poèmes de Zweig, beaux et mélancoliques dont j'ignorais l'existence... une autre facette de son inestimable talent!
Merci également pour ces premières traductions de vos articles en espagnol, ils sont appréciés Outre Atlantique, jusqu'en Argentine...où vous commencez à avoir des fans. Quelle célébrité!